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L’art de la Guerre: Kingdom

Comme le dit le vieil adage, « mieux vaut tard que jamais ». Il y a deux semaines, dans les rayons de Komikku, je cherchais frénétiquement quelque chose à lire. J’étais en manque. Les prochaines sorties mangas n’étaient prévues que pour la fin du mois de juin, début juillet (Japan Expo oblige 🙂 ). Fallait que je trouve quelque chose qui me fasse tenir jusque-là. Mais bon, quand cela fait plus de trente ans que j’en lis, il est rare qu’un ouvrage intéressant nous passe sous le nez…mais pas impossible, comme cela a été le cas cette fois-ci ;). 

Cela faisait plus d’un quart d’heure que je tournais en rond. Je n’arrivais pas à trouver un titre qui puisse satisfaire mon addiction. Forcément, tourner en rond finit par attirer l’attention. Une petite voix m’interpelle « je peux vous aider ? », je me retourne et me retrouve nez à nez avec une vendeuse. Avec grand plaisir. « Qu’est-ce que vous pouvez me conseiller ? – Si vous êtes amateur de thrillers, j’ai My Home Hero qui est pas mal – Je connais et j’attends le tome 3 avec impatience —Si vous avez aimé Death Note, vous aimerez surement the Promise Neverland—Pareille, vivement le prochain —Ok, dans ce cas pourquoi pas Eden Zero ? – Ah non, trop fan service » Bon, j’avoue, je suis un client chiant, mais que voulez-vous que je vous dise. 

 « Vous avez essayé Kingdom ? » Kingdom…hum on m’en avait déjà parlé, mais bizarrement je n’avais jamais commencé. « Cela parle de quoi ? – C’est un seinen historique sur l’unification de la Chine ». OK, en une phrase, elle avait attisé ma curiosité. Un seinen, donc une histoire pour public averti et mature. Historique, en tant que diplômé d’Histoire de l’Art et d’Archéologie, ce mot sonnait comme de l’or à mes oreilles. Et enfin, qui dit unification, dit forcement intrigue politique, conquête et personnages charismatiques. « Bingo, je vous prends le tome 1 ». Prudence est mère de sureté, achetons le premier et voyons ce que cela donne… Et cela a excellemment bien donné, j’ai tout de suite été charmé. En l’espace de dix jours, j’ai fait l’acquisition des vingt-deux volets déjà parus en France. L’action se déroule durant la période des Royaumes combattants chinois entre le Ve siècle et le IIIe siècle av. J.-C., que demande le peuple. 

Couverture du tome 1

Mais vous me demanderiez « Kingdom, de quoi cela parle ? » 

Shin et Hyou sont deux orphelins de guerre, qui grandissent au service d’une famille d’un petit village de l’état de Qin. Leur rêve est de devenir les plus grands généraux sous les cieux et que leurs noms résonnent éternellement dans l’histoire. Un objectif presque inatteignable quand on a un statut équivalent à celui d’un esclave. Malgré tout, depuis qu’ils sont gamins, ils passent leur peu de temps libre à s’entrainer au maniement de l’épée et à planifier leur futur. Un jour, un ministre du palais royal, qui passait par là, assiste à l’un de leurs duels. Impressionné, il décide de prendre avec lui un seul des deux garçons, Hyou, pour en faire un officier. Les jours passent et un soir, en ouvrant la porte de sa cabane, Shin découvre Hyou, rampant, mortellement blessé. Une rébellion avait éclaté au Palais. Le frère du roi cherchait à s’emparer du pouvoir. Avant de rendre son dernier souffle, Hyou, dans un ultime effort, demande à son ami de concrétiser leur rêve et le charge d’une mission, celle d’aller à sa place à un certain rendez-vous. Shin, fou de rage, se jure de le venger et accepte. C’est le début pour Shin d’une incroyable aventure qui lui permettra de devenir le plus grand général sous les cieux et par la même occasion, de changer la face complète de la chine.

Avec une intrigue bien écrite et bien dessinée, Yasuhisa Hara nous plonge dans un monde encore peu connu en France, celui de l’antiquité chinoise. On sort de notre zone de confort judéo-chrétien et on découvre un monde qui, à l’instar du monde gréco-romain pour l’Europe, est la source de la civilisation extrême orientale. Le titre vainqueur du 17egrand prix culturel Osamu Tezuka est un petit bijou qui, en plus de nous divertir, nous permet d’élargir nos connaissances. 

À mi-chemin entre le roman de guerre historique, le shonen nekketsu et une bonne partie d’échecs, Kingdom nous fait revivre les origines d’un empire à travers les yeux d’un jeune serviteur qui fera tout pour devenir le plus grand général sous les cieux. Donc fan de péplum, de batailles rangées, de trahisons, d’intrigues et d’action…il n’y a pas lieu de réfléchir, courrez dés à présent découvrir ce chef d’œuvre. 

Eaglesham Mc Guinky Tout afficher

Parisien trentenaire, diplômé en langues (Anglais/Portugais), civilisations (Anglo-saxonnes et lusophones) et en Histoire de l'Art et Archéologie.

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